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Kasaï Central : Le gouvernement assume sa communication « belliqueuse » contre les voix discordantes

Van Frédéric Tshilanda

Publié

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Kasaï Central : Le gouvernement assume sa communication "belliqueuse" contre les voix discordantes

L’équipe gouvernementale du Kasaï Central n’entend recevoir « aucune » leçon de « qui que ce soit » sur sa manière de communiquer et de réagir aux inquiétudes exprimées dans l’opinion publique locale sur la gouvernance décriée de John Kabeya Shikayi.

C’est ce qu’ont affirmé Emmanuel Muela et Antoine Kalulambi, respectivement ministres provinciaux de médias et de l’intérieur, en réaction à une observation publique faite par un acteur de la société civile qui reprochait notamment à certains membres du gouvernement provincial l’agressivité mêlée à la brutalité dans leur prise de parole dans les médias.

Dominique Kambala Nkongolo, directeur général de la SCED ( Société Congolaise pour l’État de droit ), une structure de la société civile active dans la région du Kasaï, a dénoncé lundi 12 février 2024 une communication « va-t-en-guerre » dont se servirait le gouvernement provincial pour faire taire les critiques qu’il reçoit pour son « inaction » face aux problèmes de développement auxquels la province est confrontée.

C’était au cours d’une conférence presse organisée par le Bureau Central de coordination ( BCeCo), élargie aux forces vives de la province pour présenter les conclusions de la mission conjointe OVD-BCeCo- gouvernement provincial sur les projets du gouvernement central au Kasaï Central dont le BCeCo est maître d’ouvrage délégué.

« Quand le gouvernement est attaqué à longueur des journées dans les médias et que nous sommes même insultés, personne ne dit mot parmi ceux qui prétendent nous donner des leçons; Pourquoi quand nous réagissons ça pose problème ? Nous n’avons aucune leçon à recevoir de qui que ce soit sur notre manière de communiquer, surtout pas d’anciens politiciens qui après le mandat, portent la casquette de la société civile », a réagi sèchement Emmanuel Muela, ministre provincial de la justice et des médias, s’adressant à Dominique Kambala.

Visiblement, le gouvernement provincial ne rejette pas le statut du « pyromane » que lui colle ses détracteurs.

Antoine Kalulambi, ministre provincial de l’intérieur l’a d’ailleurs revendiqué dans la suite de ses propos au cours de la même séance.

« Vous n’allez pas quand-même nous demander de nous taire et continuer d’encaisser sans rien faire. Tous ceux qui nous attaquent doivent recevoir une réaction, ce n’est que normal ! Ceux qui ont d’ailleurs étudié le cours de sociologie politique savent qu’on résout un conflit par un autre » a-t-il enchaîné .

La gouvernance de John Kabeya Shikayi à la tête de la province du Kasaï Central est au centre de vives critiques dans l’opinion publique. Plusieurs structures de la société civile évoquent « l’inaction » du pouvoir public provincial face aux questions d’intérêt public qui demeurent sans réponses. La province fait face à la montée des prix des produits vivriers, aux érosions ainsi qu’à la destruction du réseau routier ; ces préoccupations agitent les esprits dans toutes les entités et principalement à Kananga où les autorités n’ont qu’une réponse : « violence verbale et menaces  » contre toutes les voix discordentes.

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